France Capital Transmission
Cession d'entreprise

Libération du compte séquestre : le calendrier de sortie des fonds se fixe à la signature

Florent Jacques
Illustration éditoriale — Libération du compte séquestre (Cession d'entreprise), France Capital Transmission
Cession d'entreprise — analyse France Capital Transmission pour les dirigeants de PME. — Illustration France Capital Transmission
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La libération du compte séquestre décide de la date à laquelle le cédant encaisse réellement la part bloquée de son prix. En octobre 2026, le calendrier de sortie se joue rarement au terme prévu : il se fixe dans la convention de séquestre, signée en même temps que le protocole de cession. Une réclamation de l'acquéreur, une clause de libération mal rédigée ou un litige sur le périmètre de la garantie suffisent à transformer un blocage de 24 mois en immobilisation de plusieurs années. À la fin de cet article, le cédant connaît les trois déclencheurs de la libération et la mécanique de la réclamation suspensive. Il identifie aussi les cinq clauses qui accélèrent la sortie des fonds, le sort du séquestre en cas de défaillance et le traitement fiscal des sommes reversées.

Libération du compte séquestre : définition, Code civil et rôle du dépositaire

La libération du compte séquestre est la remise, par le tiers dépositaire, des fonds bloqués à la partie qui y a droit : le cédant si la garantie n'a pas joué, l'acquéreur à hauteur d'une indemnisation reconnue. Le dépositaire, avocat via la CARPA, notaire ou banque, exécute une convention ; il ne tranche aucun litige.

Le régime repose sur le Code civil. L'article 1956 définit le séquestre conventionnel comme le dépôt d'une chose contentieuse entre les mains d'un tiers qui s'oblige à la rendre, après la contestation terminée, à la personne jugée devoir l'obtenir (Code civil, art. 1955 à 1963, Légifrance). L'article 1960 ajoute que le dépositaire chargé du séquestre ne peut être déchargé avant la contestation terminée, sauf accord de toutes les parties intéressées ou cause jugée légitime.

Ces deux textes fixent la logique de toute libération. Le dépositaire ne paie que sur un titre : l'arrivée du terme sans réclamation, l'instruction conjointe des parties ou une décision de justice. Tout le reste relève de la convention, que les parties rédigent librement.

Le volume en jeu justifie l'attention portée à cette convention. Le service de séquestre juridique de l'Ordre des avocats de Paris a finalisé environ 400 dossiers en 2025. Les fonds séquestrés ont atteint 600 millions d'euros (Barreau de Paris, page mise à jour le 24 avril 2026). Le service précise que la libération suit « les modalités et le calendrier fixés par la convention de séquestre ».

Le marché de la transmission donne la mesure de l'enjeu pour les dirigeants de PME. L'étude publiée par Bpifrance Le Lab avec CCI France, CMA France et le CRA chiffre à 370 000 le nombre d'entreprises à transmettre d'ici 2030 (Bpifrance Le Lab, 27 novembre 2025). Une large part de ces cessions comportera une garantie de passif, et donc une fraction de prix différée.

Le mécanisme d'ensemble, la part du prix concernée et les durées usuelles sont traités dans l'article consacré au compte séquestre en cession d'entreprise. Le présent article se concentre sur la sortie des fonds.

Déclencheurs de la libération du compte séquestre : terme, instruction conjointe, décision de justice

Un déclencheur de libération est l'événement, prévu par la convention ou imposé par le juge, qui autorise le dépositaire à remettre tout ou partie des fonds. Trois déclencheurs coexistent, et leur vitesse d'exécution varie de quelques jours à plusieurs années.

Le terme contractuel sans réclamation pendante

Le premier déclencheur est l'arrivée du terme fixé dans la convention, sans réclamation notifiée dans les formes. Le dépositaire constate l'absence de réclamation et verse le solde au cédant. C'est le scénario le plus rapide, à condition que la convention définisse précisément la notion de réclamation recevable.

La convention fixe souvent un calendrier dégressif plutôt qu'un terme unique. Une libération par tranches à 12, 24 et 36 mois suit l'extinction progressive des risques couverts par la garantie d'actif et de passif. Les délais de mise en jeu de cette garantie varient selon la nature du passif.

L'instruction conjointe des parties

Le deuxième déclencheur est l'instruction signée par le cédant et l'acquéreur. Elle intervient avant le terme lorsque les parties s'entendent, par exemple après un audit de clôture favorable, ou pour solder une réclamation par une transaction. L'article 1960 du Code civil fonde ce mécanisme : l'accord de toutes les parties intéressées décharge le dépositaire.

La transaction qui accompagne l'instruction conjointe produit des effets fiscaux propres, développés plus bas. Sa rédaction doit rester fidèle à la clause de garantie d'origine.

La décision de justice

Le troisième déclencheur est la décision de justice qui désigne le bénéficiaire des fonds. Elle intervient en cas de désaccord persistant, et son délai d'obtention dépend du calendrier judiciaire, appel et pourvoi compris. Le juge intervient aussi en amont, pour faire constituer le séquestre. La cour d'appel de Pau a statué en ce sens le 12 février 2026 (RG 25/00700), selon le commentaire publié par le cabinet Kohen Avocats le 29 septembre 2026. Elle a confirmé la condamnation de cessionnaires à verser 53 800 € au séquestre prévu par une cession de compte courant de 93 800 €. L'obligation d'alimenter le séquestre s'exécute donc aussi par voie judiciaire.

DéclencheurTitre remis au dépositaireDélai typique de sortieMaîtrise par le cédant
Terme sans réclamationConstat du terme, absence de notificationQuelques jours après le termeForte si la réclamation recevable est définie
Instruction conjointeOrdre signé par cédant et acquéreurDépend de la négociationMoyenne : suppose l'accord de l'acquéreur
Décision de justiceJugement ou arrêt devenu exécutoirePlusieurs années, voies de recours comprisesFaible : calendrier judiciaire
Libération partielle automatiqueClause de solde non contestéAu terme de chaque trancheForte si la clause existe

Réclamation suspensive : le mécanisme qui allonge la libération du compte séquestre

La réclamation suspensive est la notification, par l'acquéreur, d'une demande d'indemnisation au titre de la garantie, qui gèle tout ou partie du séquestre jusqu'à accord ou jugement. Elle constitue la première cause de retard dans la libération des fonds.

Une convention standard prévoit que la réclamation notifiée avant le terme suspend la libération à hauteur du montant réclamé. Une convention mal rédigée suspend la libération de la totalité des fonds, quel que soit le montant de la réclamation. L'écart entre les deux rédactions se chiffre en centaines de milliers d'euros immobilisés pour une PME.

L'arrêt de la chambre commerciale du 12 mars 2025 illustre la durée de ce gel (Cass. com., 12 mars 2025, n° 23-19.488, Légifrance). Un protocole de cession signé le 20 mai 2014 comportait une garantie d'actif et de passif. Après le licenciement d'une salariée en mars 2015, les cédants et l'acquéreur ont conclu une convention de séquestre portant sur 32 077 €, dans l'attente des conséquences financières du licenciement.

La cour d'appel de Rennes, le 2 mai 2023, avait ordonné la libération du séquestre à hauteur de 20 000 € au profit du cessionnaire, frais de séquestre partagés par moitié. La Cour de cassation a cassé l'arrêt en toutes ses dispositions : la garantie avait été appliquée à des sommes en partie postérieures à la cession. L'affaire a été renvoyée devant la cour d'appel d'Angers, dix ans après la constitution du séquestre.

Trois enseignements se dégagent pour la convention de séquestre. Le périmètre temporel de la garantie, limité aux faits antérieurs à la cession, doit être rappelé dans la clause de libération. La répartition des frais du séquestre doit être fixée dans l'acte, faute de quoi elle finit devant le juge. Le montant séquestré doit être articulé avec le plafond de la garantie, qui reste distinct.

La cour d'appel de Toulouse a statué le 13 janvier 2026 (RG 23/01678), dans un arrêt commenté par le cabinet Kohen Avocats. Une garantie limitée à trois ans, pour une cession du 11 octobre 2018, pouvait être mise en œuvre jusqu'au 11 octobre 2021. La date limite de réclamation conditionne donc directement la date de libération.

Pour autant, la réclamation suspensive protège un intérêt légitime de l'acquéreur. Un passif fiscal ou social antérieur à la cession peut n'apparaître qu'après un contrôle tardif. La convention équilibrée borne la réclamation sans la vider de son effet.

Cinq clauses de libération classées par impact sur le prix encaissé

La clause de libération est la stipulation de la convention qui fixe le calendrier, les conditions et la procédure de remise des fonds. Cinq clauses concentrent l'essentiel de l'enjeu ; le classement ci-dessous les ordonne par effet sur le montant et la date d'encaissement du cédant.

1. La libération automatique du solde non contesté. Elle impose au dépositaire de verser au cédant, à chaque échéance, la part des fonds qui excède les réclamations pendantes. Sans elle, une réclamation de 20 000 € peut geler 300 000 €. C'est la clause au plus fort impact, et la moins coûteuse à obtenir.

2. La réclamation motivée et chiffrée. La convention exige une notification écrite, un fondement précis dans la clause de garantie et un montant évalué. Une réclamation conservatoire, non chiffrée, ne suspend rien. Cette exigence empêche le blocage préventif de l'ensemble du séquestre.

3. Le délai pour agir après réclamation. L'acquéreur qui a notifié une réclamation doit engager une action ou une procédure d'expertise dans un délai fixé, par exemple trois ou six mois. À défaut, les fonds correspondants sont libérés au profit du cédant. La clause évite les réclamations laissées sans suite.

4. Le calendrier dégressif. Le séquestre se libère par tranches, alignées sur l'extinction des risques couverts. Le risque commercial s'éteint plus vite que le risque fiscal, soumis aux délais de reprise de l'administration.

5. Les frais, intérêts et placement. La convention répartit les frais du dépositaire et attribue les produits du placement. Le Barreau de Paris indique que les fonds peuvent être placés au profit du cédant sur un compte rémunéré ou un dépôt à terme, avec un support approuvé par la CARPA de Paris. Le régime des intérêts est détaillé dans l'article consacré au séquestre CARPA et au sort des intérêts.

La liste des clauses du protocole de cession qui déplacent le prix recoupe ce classement : le séquestre n'est qu'un des curseurs, mais il est le seul qui retient une part du prix déjà négociée. Le cédant qui compare plusieurs offres peut estimer la valeur de son entreprise avec le simulateur de valorisation avant de négocier le pourcentage séquestré.

Hypothèses — séquestre de 300 000 € avec réclamation au 11e mois

L'exemple porte sur une PME type cédée 2 000 000 €. Le séquestre représente 15 % du prix, soit 300 000 €, libéré par tiers à 12, 24 et 36 mois. Au 11e mois, l'acquéreur notifie une réclamation de 60 000 €. Le litige se règle au 48e mois en faveur du cédant.

ScénarioSortie des fondsCapital immobilisé (euros × années)
Sans réclamation100 000 € à 12, 24 et 36 mois600 000
Réclamation, clause de solde non contesté40 000 € à 12 mois, 100 000 € à 24 et 36 mois, 60 000 € à 48 mois780 000
Réclamation, suspension totale300 000 € à 48 mois1 200 000

Avec la clause de solde non contesté, la réclamation coûte 180 000 euros-années d'immobilisation supplémentaire. Sans la clause, elle en coûte 600 000 : la durée moyenne de blocage passe de deux ans sans réclamation à quatre ans, contre 2,6 ans avec la clause.

Libération du compte séquestre et défaillance du dépositaire ou de l'acquéreur

La défaillance d'une partie est la situation où le dépositaire ou l'acquéreur fait l'objet d'une procédure collective pendant la durée du séquestre. Le choix entre séquestre et retenue de prix prend alors tout son sens pour le cédant.

La chambre commerciale de la Cour de cassation s'est prononcée le 23 septembre 2020 (pourvoi n° 19-15.122). Le séquestre conventionnel oblige le dépositaire, même placé en liquidation judiciaire, à rendre la chose contentieuse à la personne jugée en droit de l'obtenir. Cette restitution échappe au concours des créanciers du dépositaire, selon le résumé publié par LegalNews le 21 octobre 2020.

La solution renforce l'intérêt d'un séquestre confié à un tiers plutôt que d'une retenue de prix conservée par l'acquéreur. Avec une retenue, le cédant reste simple créancier de l'acquéreur pour la fraction différée, exposé à son insolvabilité. Avec un séquestre, les fonds sortent du patrimoine de l'acquéreur dès la signature.

La cession de fonds de commerce obéit à un régime légal distinct. L'article L. 143-21 du Code de commerce impose au tiers détenteur du prix de le répartir dans les 105 jours suivant l'acte de vente. Le délai est prolongé de 60 jours en cas de déclaration fiscale tardive. À défaut, la partie la plus diligente saisit le juge des référés, qui ordonne la consignation ou nomme un séquestre répartiteur.

Mode de sécurisation du prix différéDétenteur des fondsExposition du cédant à l'insolvabilité de l'acquéreurCoût direct
Séquestre conventionnelTiers (CARPA, notaire, banque)Faible : fonds hors du patrimoine de l'acquéreurFrais du dépositaire
Retenue de prixAcquéreurForte : le cédant reste créancierNul
Garantie bancaire à première demandeBanque du cédantNulle sur le prix, déjà encaisséCommission annuelle et contre-garantie

Le séquestre se distingue aussi du crédit vendeur, qui fait du cédant le prêteur de l'acquéreur, et du complément de prix (earn-out), qui conditionne une fraction du prix à des résultats futurs. Les trois mécanismes se cumulent parfois dans une même opération.

Fiscalité de la libération du compte séquestre : impôt sur le prix total, réclamation dans les deux ans

La fiscalité de la libération du compte séquestre désigne le traitement, pour le cédant personne physique, des fonds séquestrés puis libérés à son profit ou reversés à l'acquéreur. Elle repose sur deux règles du BOFiP, en vigueur depuis le 20 décembre 2019.

La première règle fixe l'année d'imposition. Le fait générateur de la plus-value est le transfert de propriété des titres. L'imposition est établie au titre de l'année de la cession, quelles que soient les modalités de paiement du prix (BOFiP, BOI-RPPM-PVBMI-30-10-10, § 1 et 10). Le cédant paie donc l'impôt sur le prix total, fraction séquestrée comprise, avant d'avoir encaissé cette fraction.

La seconde règle organise la correction lorsque le séquestre est reversé à l'acquéreur au titre de la garantie. L'article 150-0 D, 14 du CGI permet de diminuer le prix de cession du montant versé (BOFiP, BOI-RPPM-PVBMI-20-10-10-30). Plusieurs conditions sont cumulatives :

  • la clause de garantie figure dans l'acte de cession ou une convention annexée, un avenant postérieur étant écarté (§ 50) ;
  • le versement est effectif et définitif, ce qui suppose en cas de litige l'épuisement des voies de recours (§ 60 et 70) ;
  • la réduction ne peut excéder le prix initialement déclaré (§ 80).

Lorsque le versement intervient au cours d'une année postérieure à celle de la cession, le cédant dépose une réclamation jusqu'au 31 décembre de la deuxième année suivant celle où le versement est devenu définitif (§ 100 et 110). Une cession en 2026 et un reversement définitif en 2028 ouvrent une réclamation jusqu'au 31 décembre 2030.

La transaction qui solde une réclamation doit rester fidèle à la clause de garantie d'origine. La cour administrative d'appel de Nantes a refusé la réduction d'impôt à un cédant le 23 décembre 2025 (n° 25NT00509). Le protocole transactionnel conclu par ce cédant en 2022 réglait des litiges plus larges que la garantie et prévoyait une compensation que la convention de garantie excluait. L'arrêt est commenté par Deloitte Société d'Avocats le 3 février 2026.

Une libération par instruction conjointe, fondée sur une transaction rédigée hors du cadre de la garantie, peut donc coûter deux fois au cédant. Il perd la somme reversée à l'acquéreur, puis l'impôt payé sur un prix jamais encaissé. Le simulateur de fiscalité de cession permet de chiffrer l'impôt exigible sur le prix total, séquestre compris. Le cadre général est exposé dans le guide de la cession d'entreprise.

Et maintenant

Trois actions sont à conduire avec le conseil avant de signer la convention de séquestre.

Exiger la libération automatique du solde non contesté. La clause se négocie au protocole, en même temps que le pourcentage séquestré. Elle limite l'effet d'une réclamation au seul montant réclamé.

Encadrer la réclamation recevable. Notification écrite, fondement précis, montant chiffré, délai pour agir en justice ou demander une expertise après la notification : chaque condition absente allonge le blocage potentiel.

Aligner toute transaction future sur la clause de garantie. La clause doit permettre une transaction qui reste dans son périmètre. À défaut, la réduction de plus-value prévue par l'article 150-0 D, 14 du CGI est perdue.

Deux outils aident à préparer ces arbitrages : le simulateur de valorisation pour situer le prix avant et après séquestre, et le simulateur de fiscalité pour mesurer l'impôt dû sur le prix total.


Cet article présente des informations générales fondées sur les textes en vigueur à la date de publication. Il ne constitue pas un conseil juridique, fiscal ou financier personnalisé. Toute décision de cession ou de transmission doit être validée avec un avocat, un notaire ou un expert-comptable au regard de la situation particulière du dirigeant.

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Questions fréquentes

Quand les fonds d'un compte séquestre sont-ils libérés ?
Les fonds sont libérés sur l'un des trois titres suivants : l'arrivée du terme fixé par la convention sans réclamation pendante, une instruction signée conjointement par le cédant et l'acquéreur, ou une décision de justice désignant le bénéficiaire. L'article 1960 du Code civil interdit au dépositaire de se décharger avant la fin de la contestation, sauf accord de toutes les parties. Une convention bien rédigée prévoit en outre une libération par tranches, par exemple à 12, 24 et 36 mois.
Une réclamation de l'acquéreur bloque-t-elle tout le séquestre ?
Tout dépend de la convention. Une rédaction équilibrée limite la suspension au montant réclamé et libère automatiquement le solde non contesté à chaque échéance. Une rédaction défavorable au cédant suspend la libération de la totalité des fonds jusqu'à accord ou jugement. Sur un séquestre de 300 000 €, une réclamation de 60 000 € peut ainsi immobiliser l'ensemble du montant pendant toute la durée du litige.
Combien de temps peut durer un litige sur un séquestre ?
Un litige peut durer plusieurs années, voies de recours comprises. Dans l'affaire jugée par la chambre commerciale de la Cour de cassation le 12 mars 2025 (n° 23-19.488), une convention de séquestre de 32 077 € conclue en 2015 a donné lieu à un arrêt d'appel en 2023, puis à une cassation avec renvoi devant la cour d'appel d'Angers. Le séquestre restait disputé dix ans après sa constitution.
Que deviennent les fonds séquestrés si le dépositaire fait faillite ?
La chambre commerciale de la Cour de cassation s'est prononcée le 23 septembre 2020 (n° 19-15.122) : le séquestre conventionnel oblige le dépositaire, même en liquidation judiciaire, à rendre la chose contentieuse à la personne jugée en droit de l'obtenir, hors concours entre ses créanciers. Le séquestre protège aussi le cédant contre l'insolvabilité de l'acquéreur, puisque les fonds sortent du patrimoine de ce dernier dès la signature, contrairement à une retenue de prix.
Le cédant paie-t-il l'impôt sur la part du prix bloquée en séquestre ?
Oui. Selon le BOFiP (BOI-RPPM-PVBMI-30-10-10, § 10), la plus-value est imposée au titre de l'année de la cession, quelles que soient les modalités de paiement du prix. Le cédant paie donc l'impôt sur le prix total, fraction séquestrée comprise. Le simulateur de fiscalité permet de chiffrer cet impôt avant la signature.
Comment récupérer l'impôt si le séquestre est reversé à l'acquéreur ?
L'article 150-0 D, 14 du CGI permet de diminuer le prix de cession du montant versé en exécution de la garantie de passif. La clause doit figurer dans l'acte de cession, le versement doit être définitif, et la réclamation se dépose au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant le versement. Une transaction qui sort du cadre de la garantie fait perdre ce droit, comme l'a jugé la cour administrative d'appel de Nantes le 23 décembre 2025.

Sources

  1. Code civil — articles 1955 à 1963, du séquestre (art. 1956 et 1960)legifrance.gouv.fr · consulté le 21 octobre 2026
  2. Cour de cassation, chambre commerciale, 12 mars 2025, n° 23-19.488 (ECLI:FR:CCASS:2025:CO00131)legifrance.gouv.fr · 12 mars 2025
  3. BOFiP-Impôts — BOI-RPPM-PVBMI-20-10-10-30, sommes versées en exécution d'une clause de garantie de passif (CGI, art. 150-0 D, 14)bofip.impots.gouv.fr · 20 décembre 2019
  4. BOFiP-Impôts — BOI-RPPM-PVBMI-30-10-10, fait générateur des plus-values de cession de titresbofip.impots.gouv.fr · 20 décembre 2019
  5. Barreau de Paris — Service de séquestre juridique, chiffres 2025avocatparis.org · 24 avril 2026
  6. Bpifrance Le Lab, CCI France, CMA France, CRA — Transmission d'entreprise : perspectives de marché et facteurs clés de succès (370 000 entreprises d'ici 2030)bpifrance-creation.fr · 27 novembre 2025
  7. Deloitte Société d'Avocats — CAA Nantes, 23 décembre 2025, n° 25NT00509 : un protocole transactionnel qui diverge de la garantie de passif fait échec à la réduction d'impôtblog.avocats.deloitte.fr · 3 février 2026
  8. Kohen Avocats — Prix bloqué sous séquestre : CA Pau 12 février 2026, CA Toulouse 13 janvier 2026kohenavocats.fr · 29 septembre 2026
  9. LegalNews (Le Monde du Droit) — Liquidation judiciaire et séquestre conventionnel (Cass. com., 23 septembre 2020, n° 19-15.122)lemondedudroit.fr · 21 octobre 2020
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Rédigé par

Florent Jacques

Cofondateur et Head of AI de Gravity Capital

Conçoit les outils et agents IA au service des opérations de haut de bilan et de la transmission de PME. Cofondateur de FinKey et Head of AI de Gravity Capital.

Pourquoi me faire confiance sur ce sujet

  • 12+ ans d'expérience en opérations capitalistiques
  • Gravity Capital
  • Private Equity · M&A / Cession de PME · LBO / OBO
  • Affiliations : Commission FinTech — Lyon Place Financière et Tertiaire, Comité de labélification — Finance Innovation

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