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    Don d'argent maximum sans déclaration : règles 2026 et limites légales

    Florent JacquesMaj
    Don d'argent maximum sans déclaration : règles 2026 et limites légales
    Sommaire (6)Voir

    Don d'argent maximum sans déclaration : règles 2026 et limites légales

    À retenir

    • Aucun montant ne fait l'objet d'une exonération automatique de déclaration en cas de don manuel ; ce qui change selon les montants, c'est l'abattement applicable, pas la déclaration.
    • Le présent d'usage (cadeau pour anniversaire, mariage, naissance, Noël) n'est pas à déclarer, mais doit rester proportionné aux ressources du donateur.
    • Don manuel à déclarer dans le mois via formulaire 2735 ou télédéclaration impots.gouv.fr.
    • Abattement de 100 000 € parents-enfants (article 779 CGI) renouvelable tous les 15 ans.
    • Abattement supplémentaire de 31 865 € pour don familial de sommes d'argent (article 790 G CGI), donateur < 80 ans, donataire majeur.

    Présent d'usage vs don manuel : la confusion qui coûte cher

    Beaucoup de cédants confondent les deux régimes. La distinction est pourtant centrale et conditionne entièrement les obligations déclaratives.

    Le présent d'usage est défini par la jurisprudence et codifié à l'article 852 du Code civil. Il s'agit d'un cadeau consenti à l'occasion d'un événement particulier (anniversaire, mariage, naissance, baptême, fête religieuse, Noël, succès scolaire) et proportionné aux ressources et au train de vie du donateur. Il ne constitue pas juridiquement une donation — il n'est donc ni rapportable à la succession, ni soumis aux droits de mutation, ni à déclarer à l'administration fiscale. Conséquence pratique : un parent qui offre 1 000 € à son enfant pour ses 30 ans, alors qu'il dispose d'un patrimoine de plusieurs millions et de revenus annuels significatifs, fait un présent d'usage. Ce même parent qui offre 50 000 € pour le même anniversaire dépasse largement la proportionnalité — l'opération sera quasi-systématiquement requalifiée en don manuel.

    Le don manuel est défini à l'article 757 du CGI comme un don de bien meuble corporel (espèces, virement, valeurs mobilières, bijoux, véhicule) consenti par tradition (remise de la main à la main au sens large, incluant aujourd'hui le virement bancaire). Le don manuel doit être déclaré à l'administration fiscale dans le mois qui suit sa révélation via le formulaire 2735 (déclaration de don manuel et de sommes d'argent) ou par télédéclaration sur impots.gouv.fr. La révélation peut être spontanée (déclaration volontaire), mais aussi déclenchée par toute circonstance qui en porte connaissance à l'administration : succession, contrôle fiscal, demande de renseignements bancaires, contestation entre héritiers. Aucun don manuel n'est légalement dispensé de déclaration — la loi prévoit une obligation, pas un seuil.

    L'erreur courante consiste à croire qu'il existe un "plafond en dessous duquel rien n'est à déclarer". Cette croyance est née d'une confusion entre abattement (qui détermine le montant des droits dus, et qui peut être nul) et déclaration (qui détermine l'obligation administrative, sans seuil). Un don de 5 000 € entre parent et enfant ne génère effectivement aucun droit (couvert par l'abattement de 100 000 €), mais il devrait théoriquement être déclaré.

    Le risque de la non-déclaration est moins fiscal qu'on le croit, mais bien réel : au moment de la succession du donateur, l'administration fiscale recherche les transferts bancaires des 15 dernières années et peut requalifier les sommes non déclarées en don manuel rétroactivement. Les abattements sont alors recalculés à la date de révélation au taux du barème en vigueur ce jour-là, et l'absence de déclaration peut être sanctionnée par l'application des intérêts de retard (0,2 % par mois selon l'article 1727 du CGI) et, en cas de mauvaise foi caractérisée, par une majoration de 40 % (article 1729 CGI).

    Le calcul de l'abattement parents-enfants en 2026

    L'abattement parents-enfants prévu à l'article 779 du CGI est resté inchangé depuis 2012, malgré les multiples projets parlementaires de relèvement à 150 000 € voire 200 000 € qui n'ont pas abouti dans la loi de finances 2026. Le plafond reste donc à 100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans.

    Concrètement, sur une famille avec un couple de parents et deux enfants, l'enveloppe transmissible en franchise totale tous les 15 ans est la suivante :

    Configuration Abattement disponible Renouvellement
    1 parent → 1 enfant 100 000 € 15 ans
    2 parents → 1 enfant 200 000 € 15 ans
    1 parent → 2 enfants 200 000 € 15 ans
    2 parents → 2 enfants 400 000 € 15 ans
    2 parents → 2 enfants + 4 petits-enfants 400 000 € + 4 × 31 865 € 15 ans

    Source : article 779 et 790 B du CGI, version applicable en avril 2026.

    L'abattement est calculé par parent et par enfant, ce qui signifie qu'un couple peut transmettre 200 000 € à chaque enfant en franchise totale tous les 15 ans. Un parent qui démarre les donations à 50 ans peut, sur une vie, renouveler l'abattement quatre fois (50, 65, 80, 95 ans théoriques) et transmettre jusqu'à 800 000 € par enfant sans aucun droit, sans tenir compte des autres dispositifs.

    Au-delà de l'abattement, le barème progressif en ligne directe s'applique selon les tranches suivantes (article 777 CGI) : 5 % jusqu'à 8 072 €, 10 % entre 8 072 et 12 109 €, 15 % entre 12 109 et 15 932 €, 20 % entre 15 932 et 552 324 €, puis 30 % entre 552 324 et 902 838 €, 40 % entre 902 838 et 1 805 677 €, 45 % au-delà.

    Le don familial de sommes d'argent (article 790 G CGI)

    L'article 790 G du Code général des impôts ouvre droit à un abattement spécifique de 31 865 € sur les dons de sommes d'argent consentis en pleine propriété, sous quatre conditions cumulatives :

    Le donateur doit avoir moins de 80 ans au jour du don. Au-delà, l'abattement spécifique disparaît mais les abattements de droit commun restent applicables. Le donataire doit être un descendant majeur ou mineur émancipé (enfant, petit-enfant, arrière-petit-enfant) ou, à défaut de descendance, un neveu ou une nièce majeur ou mineur émancipé. Le don doit prendre la forme d'un transfert d'argent au sens strict : chèque, virement, espèces, mandat. Les dons en nature, en titres ou en biens immobiliers ne sont pas éligibles. Le don doit être déclaré dans le mois via le formulaire 2735.

    L'abattement de 31 865 € est cumulable avec l'abattement de 100 000 € parents-enfants. Un parent de 78 ans peut donc donner à son enfant majeur 100 000 € + 31 865 € = 131 865 € en franchise totale. Sur un couple de parents et deux enfants majeurs, l'enveloppe atteint 4 × 131 865 € = 527 460 € transmissibles en franchise totale tous les 15 ans, à condition que les parents aient moins de 80 ans.

    L'abattement de 31 865 € est également renouvelable tous les 15 ans entre les mêmes parties — mécanisme identique à celui de l'abattement de droit commun. Sur une fenêtre de 30 ans (entre 50 et 80 ans du donateur), un parent peut donc utiliser cet abattement deux fois par enfant et par couple, soit 63 730 € additionnels par enfant.

    Attention : l'abattement de 790 G ne s'applique qu'aux sommes d'argent. Un parent qui souhaite transmettre des titres de société, des parts de SCI ou un bien immobilier ne peut pas bénéficier de cet abattement supplémentaire — il doit alors recourir aux régimes spécifiques (Pacte Dutreil pour les titres opérationnels, démembrement pour les actifs patrimoniaux).

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    La déclaration : formulaire 2735 et délais

    Le formulaire 2735 (déclaration de don manuel et de sommes d'argent) est disponible en téléchargement sur impots.gouv.fr et accessible également par télédéclaration sur l'espace particulier du donataire. Il doit être complété et déposé dans le mois suivant la révélation du don.

    Trois éléments doivent figurer dans la déclaration : l'identité complète du donateur et du donataire, la date et le montant du don, la nature du don (espèces, chèque, virement). Si le don familial 790 G est invoqué, la case correspondante doit être cochée — son omission ne fait pas perdre l'abattement de droit commun mais peut compliquer le suivi en cas de contentieux ultérieur.

    Le délai de paiement des droits, le cas échéant, est fixé à un mois à compter du dépôt de la déclaration, sauf demande de paiement fractionné ou différé prévue par les articles 397 A à 404 GA de l'annexe III au CGI. Pour les dons couverts par l'abattement, aucun droit n'est dû et la déclaration vaut simplement enregistrement.

    L'enregistrement fiscal d'un don manuel fait courir le délai de 15 ans prévu pour le renouvellement de l'abattement et pour la purge successorale. C'est l'argument principal pour ne pas reporter la déclaration : un don non déclaré ne fait pas courir le compteur des 15 ans, ce qui peut déboucher sur un cumul désavantageux au moment de la succession.

    Les pièges qui déclenchent un redressement

    Sur la base des contentieux observés et de la jurisprudence consolidée 2020-2025, cinq situations déclenchent quasi-systématiquement un redressement fiscal au moment de la succession.

    Premier piège : les virements réguliers non déclarés requalifiés en train de vie ou en don occulte. Un parent qui virerait 2 000 € par mois pendant 5 ans à un enfant majeur et en bonne santé sans formalisation explique mal la nature de ces flux. L'administration fiscale, lors de l'examen du compte bancaire du défunt en succession, peut requalifier l'ensemble en don manuel rétroactif si la régularité et le montant excèdent ce qui peut être qualifié de présent d'usage ou d'aide alimentaire au sens de l'article 205 du Code civil.

    Deuxième piège : le présent d'usage disproportionné. Un cadeau de mariage de 100 000 € à un enfant, fait par un parent disposant de revenus annuels de 60 000 €, sera quasi-certainement requalifié — la disproportion par rapport aux ressources est manifeste. La jurisprudence retient classiquement un seuil de 2 % du patrimoine ou des revenus annuels comme limite de proportionnalité, mais l'appréciation reste casuistique.

    Troisième piège : le don d'argent suivi d'un achat immobilier au nom du donataire. Lorsqu'un don d'argent (déclaré ou non) finance directement l'acquisition d'un bien par l'enfant, et qu'au moment de la succession ce bien est rapporté à valeur de jour, l'écart de valorisation entre la date du don et la date du décès peut générer des conflits familiaux significatifs. La donation-partage évite ce risque en figeant la valeur au jour de l'acte.

    Quatrième piège : les dons aux beaux-enfants ou aux concubins. Un don à un beau-fils ou une belle-fille n'ouvre pas droit à l'abattement parents-enfants — seulement à l'abattement entre tiers (article 788 IV CGI) qui est nul. Le barème applicable est de 60 % au-delà du premier euro. Un don de 50 000 € à un beau-fils non déclaré et révélé en succession peut générer 30 000 € de droits + intérêts de retard.

    Cinquième piège : les comptes joints et les retraits avant décès. Les retraits importants effectués sur un compte joint dans les semaines précédant le décès du titulaire, transférés à un héritier, sont quasi-systématiquement requalifiés en don manuel. La jurisprudence est constante sur ce point.

    Et maintenant

    Le don d'argent est l'instrument de transmission le plus simple du droit français — à condition de respecter les deux règles cardinales : déclarer dans le mois pour faire courir le délai de 15 ans, et ne pas confondre absence de droits dus (couverture par l'abattement) avec dispense de déclaration. Sur un patrimoine familial structuré, le cumul abattement de droit commun + abattement 790 G + renouvellement tous les 15 ans permet de transmettre plusieurs centaines de milliers d'euros par enfant sur une vie, sans aucun droit.

    Trois actions immédiates : simuler votre enveloppe de transmission sur le simulateur fiscal FCT ; lire le pilier transmission familiale pour comprendre l'articulation avec le Pacte Dutreil et le démembrement ; déclarer toutes vos donations passées non encore enregistrées via le formulaire 2735, avant qu'elles ne soient découvertes en succession.

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    Questions fréquentes

    Quel est le montant maximum d'un don sans déclaration ?
    Aucun. Tous les dons manuels doivent juridiquement être déclarés à l'administration fiscale, indépendamment du montant. La confusion vient de l'abattement de 100 000 € parents-enfants : un don de 5 000 € entre parent et enfant ne génère aucun droit (couvert par l'abattement) mais reste juridiquement à déclarer. Les présents d'usage (cadeaux d'anniversaire, mariage, etc., proportionnés aux ressources) sont en revanche dispensés de déclaration.
    Combien peut-on donner à son enfant en franchise de droits ?
    100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans (article 779 CGI), cumulable avec 31 865 € de don familial de sommes d'argent (article 790 G CGI) si le donateur a moins de 80 ans et le donataire est majeur. Un couple de parents peut donc donner jusqu'à 263 730 € à un enfant majeur en franchise totale par fenêtre de 15 ans.
    Faut-il déclarer un virement de 5 000 € à son enfant ?
    Juridiquement oui, sauf s'il s'agit d'un présent d'usage proportionné aux ressources et lié à un événement (anniversaire, fête, succès scolaire). Dans la pratique, beaucoup de virements de cette ampleur ne sont pas déclarés, ce qui crée un risque de requalification en succession.
    Comment déclarer un don manuel ?
    Via le formulaire 2735 téléchargeable sur impots.gouv.fr, ou par télédéclaration sur l'espace particulier du donataire. Le délai légal est d'un mois à compter de la révélation du don. La déclaration est faite par le donataire (et non par le donateur).
    Quel est le risque en cas de non-déclaration ?
    La requalification en succession avec rappel des droits, intérêts de retard à 0,2 % par mois (article 1727 CGI) et, en cas de mauvaise foi caractérisée, majoration de 40 % (article 1729 CGI). Surtout, le délai de 15 ans favorable au bénéficiaire ne court pas tant que le don n'est pas révélé.
    Le don familial 790 G est-il cumulable avec l'abattement classique ?
    Oui, intégralement. Un parent de 75 ans peut donner à son enfant majeur 100 000 € (article 779) + 31 865 € (article 790 G) = 131 865 € en franchise totale, à condition de respecter les conditions cumulatives du 790 G (donateur < 80 ans, donataire descendant majeur ou neveu/nièce, transfert d'argent, déclaration sous un mois).

    Sources

    1. CGI — article 757 (don manuel)legifrance.gouv.fr · 2026
    2. CGI — article 779 (abattement parents-enfants)legifrance.gouv.fr · 2026
    3. CGI — article 790 G (don familial sommes d'argent)legifrance.gouv.fr · 2026
    4. Code civil — article 852 (présent d'usage)legifrance.gouv.fr · 2026
    5. BOFiP-Impôts BOI-ENR-DMTG-20-10-20-10 (dons manuels)bofip.impots.gouv.fr · 2026
    6. Formulaire 2735 — Déclaration don manuelimpots.gouv.fr · 2026
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    Rédigé par

    Florent Jacques

    CEO OKB.agency — Agentic AI pour Private Equity & M&A

    CEO d'OKB.agency (Agentic AI dédiée au Private Equity, M&A et Wealth Management). Cofondateur de FinKey, ex-SIPAREX. 12 ans au service des dirigeants de PME sur leurs opérations capitalistiques.

    Pourquoi me faire confiance sur ce sujet

    • 12+ ans d'expérience en opérations capitalistiques
    • OKB.agency
    • Private Equity · M&A / Cession de PME · LBO / OBO
    • Affiliations : Commission FinTech — Lyon Place Financière et Tertiaire, Comité de labélisation — Finance Innovation

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