La transmission, point par point
Cinq phases, de la préparation aux vingt-quatre mois qui suivent la signature. Cette liste sert de fil rouge : elle ne remplace pas vos conseils, elle vous évite de découvrir un sujet au moment où il n'est plus négociable.

Phase 1 — Préparer
La valeur se construit ici. Chaque point traité en amont est un point qui ne sera pas négocié en défaveur du cédant.
- Clarifier votre objectif personnel : sortie totale, sortie progressive, transmission familiale.
- Établir un EBITDA normatif : retraiter la rémunération du dirigeant, les charges non récurrentes, les loyers intra-groupe.
- Réduire la dépendance au dirigeant : déléguer la relation client clé, formaliser les processus, structurer l'encadrement.
- Mesurer la concentration client et engager la diversification si un client dépasse 20 % du chiffre d'affaires.
- Sécuriser les actifs immatériels : marques déposées, noms de domaine, licences, contrats de développement.
- Mettre à jour les contrats commerciaux clés et vérifier les clauses de changement de contrôle.
- Traiter les sujets sociaux latents : contrats non signés, heures supplémentaires, forfaits cadres, litiges en cours.
- Vérifier la conformité RGPD et la sécurité des systèmes d'information.
- Arbitrer la structure de détention et engager le schéma fiscal retenu (holding, engagement Dutreil, donation).
- Isoler l'immobilier d'exploitation si sa présence au bilan dégrade la valorisation.
Phase 2 — Mettre en marché
L'objectif est de créer une concurrence maîtrisée entre acquéreurs, sans exposer l'entreprise.
- Constituer le dossier de présentation et un mémorandum d'information documenté.
- Définir le périmètre exact de la cession : titres, immobilier, filiales, marques.
- Établir la liste des acquéreurs cibles : industriels, fonds, repreneurs individuels, encadrement interne.
- Encadrer la confidentialité : accords de non-divulgation signés avant toute donnée sensible.
- Préparer le plan d'information des équipes et des partenaires bancaires.
- Organiser la data room : documents juridiques, financiers, sociaux, fiscaux, contractuels.
- Fixer une fourchette de prix défendable et les conditions minimales acceptables.
Phase 3 — Négocier
Le prix n'est qu'une variable. Les modalités de paiement et les garanties pèsent souvent autant.
- Analyser les lettres d'intention : prix, structure, financement, calendrier, conditions suspensives.
- Vérifier la capacité de financement de l'acquéreur avant d'accorder une exclusivité.
- Négocier la définition de la dette financière nette et du besoin en fonds de roulement normatif.
- Encadrer le complément de prix : base de calcul, durée, gouvernance pendant la période.
- Cadrer la garantie d'actif et de passif : plafond, franchise, durée, exclusions.
- Négocier la clause de non-concurrence et sa contrepartie.
- Définir votre rôle après la cession : accompagnement, durée, rémunération.
- Faire relire l'ensemble de la documentation par votre avocat et votre expert-comptable.
Phase 4 — Signer
Une phase administrative, mais où les oublis coûtent cher.
- Lever les conditions suspensives : autorisations, agréments, accords bancaires.
- Purger les droits de préemption et informer les salariés lorsque la loi l'impose.
- Organiser la levée des cautions et garanties personnelles du dirigeant.
- Vérifier le séquestre et le calendrier exact des flux de paiement.
- Solder les comptes courants d'associé et arbitrer les dividendes de l'exercice.
- Préparer les déclarations fiscales liées à la cession et leurs échéances.
- Transférer les pouvoirs bancaires, signatures et accès aux systèmes.
Phase 5 — Après la cession
Le sujet devient patrimonial et personnel. C'est la phase la plus souvent négligée.
- Respecter les obligations de réinvestissement si un report d'imposition a été activé.
- Structurer l'allocation du produit de cession : liquidité, immobilier, participations, transmission.
- Revoir le régime matrimonial et les dispositions successorales.
- Ajuster la protection sociale et la prévoyance après la fin du mandat.
- Suivre les engagements de garantie jusqu'à expiration de la période.
- Formaliser votre projet personnel : réinvestissement, mandats, transmission aux enfants.
Cette liste de contrôle est un support de travail éditorial. Elle ne constitue pas un conseil personnalisé : la mise en œuvre suppose l'intervention de votre expert-comptable, de votre avocat et d'un conseil en transmission.
